Nouvelles : «Frédérique, Julien n’est plus parmi nous...»

«Frédérique, Julien n’est plus parmi nous...»

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Publié le par Les Autos dans Nouvelles
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Une jeune femme a décidé de briser le silence à propos de l'année de deuil très difficile qu'elle a dû traverser suite au décès tragique de son amoureux. C'est par l'entremise d'un témoignage qu'elle a partagé auprès du Huffington Post que la jeune femme est revenue sur ce parcours très bouleversant.

Tout a débuté le soir du 22 décembre alors que la conjointe de Julien participait à une soirée à Sainte-Sophie avec des amies. Comme elle avait bu de l'alcool, elle avait demandé à son conjoint de la conduire jusqu'à Blainville et ce dernier lui a alors proposé de l'amener à sa résidence de Lachute.

Un peu avant 5h du matin, les deux amoureux étaient sur la route 138 en direction vers la demeure de Julien lorsque l'impensable s'est produit:

"Et puis, BOOM!

Lors d’un léger tournant, il y a collision avec une autre voiture. J’ai été consciente tout au long de l’accident, du moment de l’impact jusqu’à l’arrivée des secours. J’ai essayé d’aider Julien, de lui parler, de le réchauffer, mais il était trop tard…

Arrivée à l’hôpital, 4-5 infirmières et un médecin font leur travail sur moi, mais tout ce qui sortait de ma bouche était: «Est-ce que Julien est correct?» Personne ne répondait à ma question...

C’est seulement lorsque mon plâtre sur mon bras est fait et que tous mes tests sont passés que ma mère vient m’annoncer la nouvelle: «Frédérique, Julien n’est plus parmi nous...»

Ça y est. C’est fini. Je n’ai plus espoir en la vie."

Dans les heures qui ont suivi le drame, la jeune femme a tenté de composer avec ce cauchemar, mais après un souper de Noël où sa famille a constaté qu'elle se trouvait dans un état très inquiétant, voilà qu'elle acceptait d'être hospitalisée. Son séjour aura duré du 24 décembre 2018 au 7 janvier 2019: "J’ai passé deux semaines à l’hôpital à l’unité d’hospitalisation brève, en santé mentale. J’avais de la visite toute la journée: ma famille, Megan, Lauriane, Maïra, Flo-Anaïs, Alex, William, Eloi... Malgré tout, j’étais complètement isolée de la réalité.

C’est lorsque je suis sortie de l’hôpital que je me suis retrouvée sans repère. Un retour à la réalité et à la routine, sans Julien à mes côtés."

Au fil des mois suivants, la jeune femme entreprend une relation de près de 6 mois avec un homme qui l'aide à reprendre goût à la vie. 

Or, le 11 septembre, le deuil est toujours très difficile à apprivoiser pour elle:

"J’ai encore pris la mauvaise décision d’essayer d’aller rejoindre Julien... je n’en pouvais plus. Personne ne pouvait comprendre ce que je vivais puisqu’il m’était impossible d’en parler...

Retour à l’hôpital à l’unité d’hospitalisation brève. Ça y est, c’est assez. Je veux aller mieux et je suis maintenant prête à accepter l’aide qui m’est offerte.

Après une semaine, on me transfère dans un centre de crise. C’est ce qu’ils appellent une transition entre hôpital et retour à la maison. Après avoir accepté l’aide, je réalise qu’il y a de l’aide, côté médication, pour le deuil et le retour au quotidien (travail et école), mais qu’il y a un manque au niveau des ressources me permettant de témoigner de mon traumatisme et de me sentir écoutée…"

Près d'un an après la mort tragique de Julien, sa conjointe arrive tranquillement à retrouver la paix. Il reste encore beaucoup de chemin à faire, mais elle ne perd pas espoir:

"Aujourd’hui, je peux dire que je vais quand même mieux, et que oui, le temps fait son œuvre. Mais il faut accepter l’aide de notre entourage et utiliser toutes les ressources possibles.

Je sais que je vais encore avoir des journées plus émotives, mais je sais aussi que c’est possible de voir la lumière au bout du tunnel.

La clé, avant tout, est de communiquer ce que nous ressentons. J’ai compris qu’il est plus difficile d’expliquer ce que nous vivons et ressentons à des personnes qui n’ont pas vécu ce genre d’évènement. Maintenant, je me lève le matin plus motivée, car j’ai le désir d’aider les gens qui, comme moi, ont vécu un choc post-traumatique. Je veux les aider à passer au travers, car comme m’a dit si souvent ma maman: «La vie est tellement belle!». 

Le processus risque de ne pas ressembler au mien mais le résultat sera semblable. N’ayez pas peur de parler.

En souvenir de Julien"

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Source: Huffington Post
Crédit Photo: Capture d'écran